Rencontre avec Diane Dhomé, chef de projet Sabella D10

.BZH : Pouvez-vous présenter la société Sabella?
Diane Dhomé : Sabella est un projet né en 2000. A l’époque Jean-François Daviau, aujourd’hui Président de Sabella et Hervé Majastre, alors chercheur à l’UBS, travaillent sur la construction d’une hydrolienne. Les premiers essais de leurs prototypes se font dans leurs garages, dans leurs baignoires… En 2007 un consortium est signé entre les deux chercheurs et quatre entreprises bretonnes pour construire un prototype à échelle 1/3 : Sabella D03. Ce prototype sera immergé à l’embouchure de l’Odet à Bénodet. Il ne sera pas raccordé au réseau mais monitoré et suivi pendant un an. Suite à cet essai encourageant, l’entreprise Sabella a été créée en 2008.

Nous travaillons actuellement sur la construction de Sabella D10, la même hydrolienne que la D03, mais à échelle réelle, c’est-à-dire avec un rotor de 10m de diamètre. Elle sera immergée dans le passage du Fromveur en face de l’île de Ouessant en mai-juin 2015.

Que représente Sabella D10 en production électrique par rapport aux besoins des ouessantins ?
DD :
Elle permettra de répondre à environ 25% des besoins de l’île en électricité. Aujourd’hui Ouessant est complètement dépendante au niveau énergétique. La production électrique dépend de quatre groupes électrogènes, qui nécessitent l’importation de quatre millions de litres de fuel chaque année. Il arrive très fréquemment que ces groupes tombent en panne, comme durant l’hiver 2013 où deux des groupes étaient en maintenance et les deux autres sont tombés en panne entraînant un blackout total sur l’île pendant plusieurs heures.

.BZH : Est-ce que l’ensemble de la fabrication de Sabella D10 est faite à Brest ?
DD :
Non, l’assemblage se fait ici, mais pour la fabrication des différents éléments nous travaillons avec d’autres entreprises bretonnes ou tout au moins françaises si la compétence n’est pas disponible sur le territoire.

.BZH : Quels sont vos projets futurs ?
DD :
Après Sabella D10 nous espérons pouvoir créer une ferme d’hydroliennes dans le passage du Fromveur qui permettrait d’alimenter entièrement l’île d’Ouessant en électricité et d’en importer sur le continent. C’est un projet sur lequel nous travaillons avec GRDF. Nous venons également de signer un partenariat industriel avec l’Indonésie. Ce pays compte plus de 17 000 îles. Les responsables locaux sont donc très intéressés par notre projet, particulièrement intéressant pour fournir de l’électricité aux populations insulaires dont les réseaux électriques ne peuvent être raccordés aux continents. Nous commençons également à prospecter en Amérique du Nord et Amérique du Sud.

.BZH : Vous travaillez donc beaucoup à l’international, pourquoi avoir choisi le .bzh pour votre site internet ?
DD :
Sabella a été créée par des entreprises bretonnes, nous sommes très soutenus par les acteurs locaux et nous sommes bretons. Il nous semblait logique, naturel, de passer en .bzh. Nos plaquettes de communication sont en anglais et affichent l’adresse de notre site en .bzh.

.BZH : Avez-vous eu des retours de vos collaborateurs par rapport à l’adresse de votre site web ?
DD :
En France ça fait parfois sourire, mais nous sommes reconnus comme LES acteurs bretons de l’hydrolien, donc l’adresse paraît logique à tout le monde. La Bretagne est reconnue à l’étranger comme une région française, surtout en Europe. Avec le .bzh, nous sommes plus facilement identifiables, « localisables » par les acteurs qui ne nous connaissent pas encore.
Notre premier site www.sabella.fr existant depuis plusieurs années a été basculé en .bzh. Le deuxième www.sabellaD10.bzh, créé fin 2014, a été mis en ligne directement avec le .bzh et nous en sommes très contents.

http://www.sabella.bzh
http://www.sabella-d10.bzh